Notre « Player » à l’honneur est ingénieur, comédien, scénariste, réalisateur. Entre deux tournages et trois formations, il nous livre ses conseils de pro.

Lorsque je dois apprendre un texte, je m’efforce de l’aborder de façon neutre, sans image préconçue ni projection. Laissez-vous surprendre par chaque mot ou groupe de mots, en lisant lentement, en marquant une pause. Soyez attentif à la manière dont ça résonne et ce que cela évoque. Puis relisez, en jouant avec différentes émotions. Essayez d’aborder le texte à différents moments et avec différentes humeurs : quand on est joyeux, énervé, fatigué, etc. Petit à petit, le texte s’ancre, chaque strate apportant une couleur, teintée d’une émotion différente. On garde les moments qui nous touchent et qui s’accordent le mieux les uns aux autres. Petit à petit, tout finit par s’assembler.
Avant d’entrer en scène, (et ça marche aussi pour un entretien commercial, managérial ou avant une présentation), j’utilise deux trucs tout simples. Pour être certain de bien articuler, je me brosse énergiquement les dents avec la langue. Cela réveille tous les muscles de la bouche et du palais. Ensuite, pour baisser mon niveau de stress, debout, les jambes dans le prolongement du bassin, j’enroule ma colonne vertébrale pour descendre toucher mes pieds et je remonte en inspirant profondément. Cela remet en place toute la colonne d’air et ensuite, je respire profondément par le ventre. Vous faites cela deux fois ; c’est un échauffement simple qui réveille tout le corps !
Au préalable, faire le vide pour être 100% focus. Si en coulisses je sens que quelque chose me trotte dans la tête, qu’un souci me pollue l’esprit, je dois l’évacuer. Et le mieux pour moi, c’est de le verbaliser, d’en parler à qui veut l’entendre.
Ensuite vient l’entrée en scène. Le dramaturge Olivier Py dit qu’il « faut entrer vite et sortir lentement ». Quand on entre, on y va, sans hésiter. Cette énergie capte l’attention, le public sent que quelque chose va se passer. Ensuite on peut marquer un petit silence pour que les gens se taisent, et c’est parti !
Oui, et c’est là que j’ai commencé à faire du théâtre, au sein d’un club pour les étudiants des écoles d’ingénieurs de Grenoble. J’aimais déjà écrire des histoires, mais je n’avais pas d’expérience scénique. Cela m’a vraiment plu et j’ai continué en amateur à Lyon, tout en préparant un master de direction technique du spectacle vivant.

J’ai commencé ma carrière en 2010 sur le chantier de la reconstruction de la Gaîté Lyrique où j’ai géré toutes les installations scéniques : plancher, plateaux, rideaux, passerelles, grilles, cages de scène, etc. Une expérience passionnante. Parallèlement, le soir je suivais des cours de comédien, mi-amateur mi-pro, et au bout de 2 ans, j’ai démissionné pour intégrer le cours Florent. À partir de là, j’ai bossé au théâtre en continu. Un premier rôle dans « Le médecin malgré lui », puis beaucoup de pièces classiques, Le Misanthrope, Andromaque, etc. Cela s’est enchaîné avec Avignon tout en continuant à me former au théâtre de l’Aquarium et avec divers organismes professionnels. Vers 2015, j’ai commencé à réaliser des courts métrages. Cela m’a permis de rapprocher l’écriture, la réalisation et la mise en scène avec ce cursus d’acteur.

C’est chouette de changer de casquette. Jongler entre ces métiers me permet de mieux comprendre toutes les pièces qui contribuent au succès d’un film ou d’une pièce. J’adore réaliser, mais quand je suis « juste » comédien, c’est super libérateur !
Ce qui est assez fou, c’est à quel point le théâtre en entreprise fait mouche et permet de gagner du temps. Tu te pointes le matin devant des collaborateurs un peu absents ou qui arrivent en formation à reculons et la magie opère : ils se reconnaissent dans la saynète que nous jouons, cela crée une connexion immédiate qui libère la parole et lève des blocages. C’est un signe qu’on les comprend, on acte ce qu’ils vivent.
J’avoue que mon expérience en bureau d’études, avec son fonctionnement de boîte classique, couplé à l’expérience libératrice du théâtre amateur m’a beaucoup servi. Après une journée de travail, on se connecte à une autre forme d’énergie, très complémentaire avec celle exigée en entreprise. Utilisé en milieu professionnel, le théâtre permet de prendre du recul. C’est ce que je ressens lorsque j’interviens auprès des personnels hospitaliers soumis à une forte pression. Il déclenche aussi des émotions fortes, des rires et même parfois des larmes. Mais surtout il libère : on retrouve une forme d’amusement, ce qui invite à dédramatiser plutôt que de se forcer à être hyper sérieux, ce qui inhibe la créativité.
J’aime beaucoup donner des formations à la prise de parole et à la gestion de l’agressivité. En plus de jouer des saynètes et de faire des mises en situation, il m’arrive aussi d’interpréter des rôles de collaborateurs dans des vidéos Playitagain sur la relation client ou l’évolution de la culture interne.

En ce moment j’arbore une barbe magnifique car j’interprète un flic corrompu dans le film « Nana » d’Olivier Dahan (oscarisé pour « La Môme »). Un rôle très marrant à jouer. Et je fais un médecin légiste dans « Changer l’eau des fleurs », le dernier film de Jean-Pierre Jeunet qui sortira en décembre 2026.
Et enfin, je sors d’une résidence d’écriture pour poursuivre un projet de scénario d’une série sur les sages-femmes qui accompagnent les accouchements à domicile. Vive la vie !
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